Réseau PR Languedoc Roussillon
Grossesse
La grossesse entraîne une rémission de la Polyarthrite
Rhumatoïde dans 75% des cas. Cette rémission commence dès la fin du premier
trimestre. Une rechute de la maladie survient de façon presque constante après
l’accouchement soit précocement, soit dans les mois qui suivent. La grossesse
et l’accouchement se déroulent de façon absolument normale et l’enfant est
normal.
Exceptionnellement, la PR peut apparaître pendant la
grossesse. Elle commence parfois après un accouchement dans environ 10% des
cas.
Il n’y a aucune contre-indication pour une grossesse chez
une femme atteinte de PR. Néanmoins, il faut être attentif aux traitements en
cours. En effet, certains sont tératogènes (ils peuvent induire des
malformations du fœtus). C’est le cas du MethotrexateÒ qu’il faut arrêter au moins 3
mois avant la grossesse et dans ce cas il n’y a pas de risque particulier ;
c’est aussi le cas de l’AravaÒ. Ce produit a une durée de vie
très longue et par conséquent, il faut, en cas de désir de grossesse, doser ce
médicament dans le sang pour savoir s’il en reste 3 mois après son
interruption, ce qui est souvent le cas. Dans cette hypothèse, il faut alors
procéder à une élimination du produit en prescrivant au patient un médicament
particulier, le Questran pendant quelques jours.
Concernant les anti-TNFa (RemicadeÒ, EnbrelÒ, HumiraÒ), ils ne sont pas en eux-même tératogènes mais ils sont souvent associés à du MéthotrexateÒ. Il vaut mieux par précaution éviter une grossesse
lorsque le patient est traité par un anti-TNFa.
D’une manière générale, il est souhaitable d’interrompre
les traitements de fond avant toute grossesse. On peut prévoir un relais par
une faible dose de cortisone qui n’est pas toxique et qui, s’il s’agit d’un
produit à durée de vie lente (CortansylÒ ou SolupredÒ) à faible dose, ne traverse
pratiquement pas le placenta et n’a pas d’incidence sur le fœtus.
Concernant l’allaitement, si la patiente ne reçoit pas de
traitement de fond, il peut être autorisé sans problème. Par contre, si du fait
de la sévérité de la PR, il faut reprendre le traitement de fond, par exemple,
le MéthotrexateÒ, tout de suite après l’accouchement ; l’allaitement
doit être évité car ce produit passe dans le lait maternel. Il faut éviter les
anti-inflammatoires non cortisoniques et l’Aspirine pendant les 3 premiers et
les 3 derniers mois de la grossesse.