Rhumatismes inflammatoires de l’enfant

L’ARTHRITE JUVENILE IDIOPATHIQUE

L’Arthrite juvénile idiopathique (AJI) se caractérise par la survenue d’une atteinte articulaire inflammatoire durable survenant avant l’âge de 16 ans. Elle se manifeste par la présence de douleurs associées à des gonflements d’une ou plusieurs articulations. Ces gonflements (arthrites) traduisent une inflammation de la synoviale (membrane qui tapisse l’articulation), qui si elle persiste, peut être à l’origine d’une destruction articulaire. Le diagnostic et le traitement précoces de cette maladie s’avèrent donc indispensables afin d’éviter un éventuel retentissement fonctionnel ou une altération de la qualité de vie. De plus, dans certains cas, l’AJI survient de façon très précoce (12 à 18 mois), avant l’apparition de la marche ce qui peut retarder le diagnostic.

Une classification des AJI établie par un groupe d’experts à Durban en 1997, revue à Edmonton en 2001 a permis d’individualiser 7 groupes très hétérogènes d’AJI.

la forme systémique ou maladie de Still

qui comporte en plus des signes articulaires, des signes généraux avec une fièvre élevée, une éruption cutanée et une inflammation des ganglions lymphatiques. Les examens biologiques révèlent un syndrome inflammatoire important. L’hospitalisation est de règle afin de confirmer le diagnostic et débuter un traitement par voie veineuse.

la forme polyarticulaire

véritable polyarthrite (une distinction biologique est faite entre la forme avec ou sans facteur rhumatoïde). Cette forme touche au moins 5 articulations, et nécessite en général un traitement de fond qui comporte en première intention du Méthotrexate. En cas d’insuffisance thérapeutique, une association avec une biothérapie de type EnbrelÒ ou HumiraÒ est envisagée.

la forme oligoarticulaire

qui représente 50% de toutes les AJI. Frappant un nombre limité de jointures elle touche un maximum de 4 articulations pendant les 6 premiers mois. Elle comporte un risque de complication oculaire nommée uvéite. Il faut

réaliser un examen ophtalmologique systématique régulier car ces uvéites surviennent volontiers sur un œil en apparence normal et l’enfant ne se plaint pas systématiquement d’une baisse de l’acuité visuelle. Non diagnostiquées et non traitées ces lésions oculaires peuvent entraîner de lourdes séquelles. Si une seule articulation est touchée, on peut proposer un geste thérapeutique local par une infiltration intra articulaire de corticoïdes qui sera le cas échéant associée à un traitement par Methotrexate. Dans les autres cas le Metrotrexate est le traitement de fond de choix.

le groupe des spondylarthropathies qui surviennent volontiers sur un terrain génétique favorisant (HLA B27) comporte des douleurs des talons, des tendons rotuliens et de la colonne vertébrale. La prédominance est masculine; le suivi ophtalmologique systématique n’est pas obligatoire, car les uvéites des spondylarthropathies s’expriment cliniquement sur le mode d’un œil rouge et douloureux.

le rhumatisme psoriasique associant des signes articulaires et une atteinte de la peau (psoriasis).

– enfin le groupe des arthrites inclassées ne s’apparentant à aucune des formes sus citées.

Le pronostic vital est rarement en cause. Le but des thérapeutiques mises en œuvre consiste à éviter l’apparition de séquelles fonctionnelles. Actuellement de nouvelles molécules appelées aussi traitements biologiques ou biothérapies sont progressivement proposés dans l’arsenal thérapeutique des enfants atteints de formes agressives. Il s’agit d’agents anti-TNF alpha comme l’etanercept (EnbrelÒ) ou l’adalimumab (HumiraÒ) ou d’agents inhibant l’interleukine 1 comme l’anakinra (KineretÒ).

La kinésithérapie, l’ergothérapie et le soutien psychologique font partie intégrante de la prise en charge multidisciplinaire de cette pathologie rhumatismale de l’enfant.