Forum de questions

Madame S. : Je suis atteinte d’une PR traitée par Methotrexate depuis 2 ans. J’ai 30 ans et je souhaite une grossesse. Que dois-je faire ?

Il faut arrêter le Methotrexate 3 mois au moins avant la date prévue de la grossesse. A ce moment là, il n’y a plus de Methotrexate résiduel et il n’y a pas de risque particulier. Il faut également savoir quels médicaments vous prenez en plus du Methotrexate. S’il y a un anti-inflammatoire non stéroïdien (par exemple, Voltarène®, Profenid®,…), il vaut mieux l’interrompre et pendant la grossesse, s’il y avait une poussée douloureuse, il vaudrait mieux prendre de faibles doses de cortisones et vous pouvez aussi prendre du Paracétamol si nécessaire mais il faut éviter les médicaments composés (par exemple, ceux qui associent la Codéine et du Paracétamol).

Quel est l’intérêt des régimes alimentaires au cours de la PR ?

Il n’y a aucun travail sérieux permettant de retenir une efficacité quelconque d’un régime alimentaire au cours de la PR. Certains patients (environ 5%) ont une allergie au lait et le fait de supprimer le lait peut entraîner une légère amélioration. D’une manière générale, les régimes proposés ne reposent sur aucune base scientifique sérieuse et ils peuvent être à l’origine de carences alimentaires graves et faciliter l’ostéoporose. On ne peut donc que les déconseiller.

Je suis traité par Enbrel® et je dois me faire opérer d’une prothèse de hanche dans 2 mois. Que me conseillez-vous ?

Il faut arrêter l’Enbrel® suffisamment longtemps avant l’intervention chirurgicale pour que ce médicament disparaisse complètement de votre circulation. Pour l’Enbrel®, il suffit de l’arrêter 15 jours avant l’intervention chirurgicale. Il est conseillé de ne reprendre ce produit que après cicatrisation complète de la peau.

J’ai 25 ans et j’ai une PR depuis 3 ans. Je souhaite une grossesse. Cela est-il possible ? Peut-il y avoir des conséquences sur l’enfant ?

Une grossesse est parfaitement possible au cours de la PR. Elle se déroulera sans particularité et l’enfant ne sera pas atteint de polyarthrite rhumatoïde qui n’est pas une maladie héréditaire. Il faut néanmoins savoir quels médicaments vous prenez actuellement et éventuellement les interrompre suffisamment à l’avance si cela est nécessaire.

La polyarthrite rhumatoïde est-elle une maladie génétique ?

Non, il existe d’assez rares formes familiales (environ 10% des cas) dans lesquelles il y a plusieurs membres d’une même famille atteints de cette affection. Certains gènes sont plus fréquents au cours de la PR mais en fait ce sont plutôt des marqueurs de la sévérité de la maladie.

Je suis traité par du Methotrexate 10 mg par semaine par la bouche. Mon médecin m’indique qu’il n’est pas nécessaire de faire des contrôles biologiques réguliers. Qu’en pensez-vous ?

Un traitement par Methotrexate ou par Arava® nécessite impérativement un contrôle biologique mensuel qui doit comporter une vérification de la créatininémie, de l’hémogramme complet avec plaquettes et des transaminases. Cette simple précaution évite de passer à côté d’une toxicité hépatique ou d’une toxicité hématologique du produit qui pourrait avoir des conséquences sérieuses.

Je suis suivie dans un centre hospitalier et traitée par Remicade® associé à du methotrexate (Une perfusion de Remicade® tous les 2 mois) depuis un an. Il me semble que les 2 ou 3 dernières perfusions ont été moins efficaces qu’avant. Cela est-il possible ? Si oui, que faire ?

Effectivement ceci est parfaitement possible. Il y a parfois un échappement incomplet au bout de quelques mois de traitement par Remicade. Il est possible qu’il s’agisse d’une immunisation du patient contre le Remicade malgré la prise de Methotrexate qui devrait en principe l’éviter. Dans cette situation, en général, soit on augmente la dose de Remicade, soit on rapproche les perfusions à raison de 1 perfusion toutes les 6 semaines. Ceci est à voir avec le rhumatologue qui vous suit.

Je suis traitée par Enbrel® une injection de 50 mg par semaine. Puis-je me faire vacciner contre le tétanos ?

Les vaccins « vivants » sont à éviter lorsqu’un patient reçoit un immunodépresseur qu’il s’agisse comme vous d’un anti-TNFα ou du methotrexate ou de l’Arava®. Le vaccin contre le tétanos n’entre pas dans cette catégorie et vous pouvez donc vous faire vacciner sans aucun problème. Il faut simplement éviter les vaccins comme le BCG, la poliomyélite par la bouche et la fièvre jaune.

Je suis traitée par Methotrexate 15 mg par semaine par voie injectable. Mon médecin a constaté une importante augmentation des transaminases lors du dernier contrôle fait il y a un mois. Que dois-je faire ?

Il faut arrêter immédiatement le Methotrexate et recontrôler les transaminases dans 10 à 15 jours. Si elles ne sont pas normales, il ne faut pas reprendre le Methotrexate et attendre la normalisation. Si la normalisation ne survient pas, il faut pousser les explorations et consulter un hépatologue. L’augmentation des transaminases due au Methotrexate est fréquente et disparaît spontanément en quelques semaines dans la majorité des cas.

Est-ce que la polyarthrite peut être contagieuse et véhiculée par voie sanguine ?

La polyarthrite rhumatoïde n’est pas contagieuse et ne peut pas être transmise par voie sanguine.

Je me suis fait vacciner contre la grippe. Deux jours plus tard, je me suis réveillée avec "les petits doigts à ressorts". Depuis, je souffre de douleurs aux deux mains, quelques rhumatismes sur les petits doigts ainsi qu'une forte chaleur à l'intérieur des mains (avec rougeurs) dès que je porte, soulève...et une impression de gonflement au niveau des index. Les médecins que j'ai consulté ne comprennent pas, on m'a parlé d'infiltrations si cela devenait trop douloureux. Pourriez-vous m'informer davantage sur la marche à suivre ?

Vous avez probablement une simple réaction à la vaccination anti-grippale. C’est rare, mais sans gravité et cela passe tout seul. Cependant, une vaccination est une stimulation immunitaire, il peut s’agir du début d’un éventuel rhumatisme inflammatoire. Il ne faut rien faire et attendre un mois. Si cela continue, il faut revoir un rhumatologue et faire des explorations plus poussées.

J'ai 37 ans. Je suis traitée par du NOVATREX 2,5 depuis un an et demi et j'ai une nouvelle poussée. J'ai des douleurs aux genoux. Ma rhumatologue a doublé les doses : 6 cp/semaine. Si dans trois mois, les douleurs persistent elle envisage de passer aux anti-TNF. Cela m'effraie un petit peu, car elle m'a informé qu'il y a une baisse de l'immunité. Attention aux bobos. J'ai peur que ce soit contraignant. Est-ce efficace ? Quel traitement me conseillez-vous ? Est-ce que l'érosion qui est apparue sur mes index va disparaître ? Est-ce génétique ? Est-ce que mes enfants peuvent déclarer cette maladie en sachant que mes tests sont positifs ?

Dans un premier temps il faudrait essayer le Methotrexate par voie injectable : 10 à 15 mg par semaine en une fois à jour fixe (cela dépend de votre poids mais il faut savoir que les doses trop faibles sont inefficaces), ceci évidemment si vous le tolérez bien ce qui est, en général, le cas. Le methotrexate donné par voie intra-musculaire, mieux absorbé que par la bouche, est souvent beaucoup plus efficace. Il faut se donner 2 ou 3 mois pour voir si cela marche ou non.
En cas d’échec on arrive effectivement à l’indication d’un Anti-TNF : il s’agit de médicaments biologiques (biothérapies) très efficaces, que l’on associe en général au methotrexate. Ces produits peuvent arrêter l’évolution clinique, biologique et aussi radiologique de la maladie. Il y a des contre-indications à respecter. Ces produits peuvent faciliter certaines infections y compris tuberculeuses mais lorsqu’ils sont correctement utilisés et surveillés, la tolérance est satisfaisante et les résultats excellents dans environ 70% des cas. Votre rhumatologue vous expliquera en détail les effets indésirables de ces produits. Vous pouvez vous documenter sur le site du réseau PR-LR en allant au chapitre traitement et en cliquant sur Etanercept (enbrel), sur Adalimumab (humira), sur infliximab (remicade).
Ces produits ne sont pas  très contraignants : L’Enbrel et l’Humira se font par voie sous-cutanée : 1 injection par semaine ou tous les 15 jours, le rémicade se fait en perfusion intra-veineuse et nécessite une hospitalisation de jour tous les 2 mois (il est donc plus contraignant).
L’érosion de votre index devait au moins se stabiliser, c’est à dire ne plus progresser, sous anti-TNF. Des cas d’amélioration radiologique ont été rapportés mais on manque encore de recul pour l’instant il n’est pas possible d’en dire plus.
La polyarthrite rhumatoïde n’est pas une maladie génétique. Simplement 60% des patients sont porteurs de DR4 (surtout des formes érosives) mais on retrouve ce même gène chez 30  % des gens normaux.
Les formes familiales de polyarthrite sont rares :environ 10%.Cette maladie n’est pas héréditaire.

Je suis atteinte d'une polyarthrite depuis 14 ans ensuite c'est déclaré une polymyosite et fibrose pulmonaire. Traitement ENBREL + IMMUREL + cortisone etc... On me dit qu'avec un tel traitement il faut faire très attention aux surinfections. Je supporte très bien ce traitement depuis 6 ans et j'ai toujours du mal à imaginer que je puisse me trouver un jour face à ce genre de problème -surinfection-Cependant malgré ce traitement on opère tout de même peut être que ce traitement n'est pas si efficace ? disons qu'il empêche ces maladies e faire des dégâts de façon plus lente. On parle d'un nouveau traitement autre que TNF mais ne me souvient plus la cadence serait une perfusion de 4 h tous les 6 ou 9 mois avons nous assez de recul avec ce traitement dont on ne fait que parler ?

L’Enbrel est un anti-TNF alpha généralement très efficace dans le traitement de la Polyarthrite rhumatoïde. Comme tous les anti-TNF, il comporte un risque infectieux. Il faut donc être très vigilant  et être régulièrement suivi par un rhumatologue habitué à ce type de médicaments en plus du suivi par le médecin traitant. On peut effectivement opérer les patients mais il faut arrêter l’Enbrel 15 jours avant de façon à ce qu’il n’y ait plus d’Enbrel circulant le jour de l’intervention. La durée de l’arrêt nécessaire varie selon le produit. Le médicament auquel vous faites allusion est probablement le Mabthéra (rituximab) qui est un anticorps anti-lymphocytes B .Ce produit est utilisable dans les polyarthrites qui n’ont pas répondu aux anti-TNF. Il se fait sous forme de 2 perfusions  initiales à 15 jours d’intervalle puis éventuellement d’une perfusion  quelques mois plus tard. C’est un médicament très intéressant.

Bonjour je voudrais des conseils pour ma mère qui a 47 ans et souffre de polyarthrite rhumatoïde depuis maintenant 7 ans a eut son traitement de fond et plusieurs interventions chirurgical aux mains. ma mère est diabétique prend des cachets, et a subi il y a 3 ans une histérectomie et souffre aussi de colique rénal et souvent rhume, toux et quelque bronchite et un peu d'asthme en fait a pas beaucoup de chance en santé ,dernièrement va après près bien la polyarthrite n' est pas en stade avance a ce qui parait mais vu que les doigts des 2 mains se bloquent le rhumatologue a décide de passe a la perfusion de Remicade or j' ai 3 questions car suis inquiète pour elle: 1) Rémicade avec diabète et ses problème de santé peut être dangereux ? et fatale? ou on arrive toujours a l'arrêter sans conséquences grave? 2) ma mère a fait vaccin pour la grippe il i a 1 semaine depuis bouffée de chaleur le soir m, et mal a la tête et depuis 2 jours mal aux talons et sa monte juste au dos, est-ce normal? 3)il y a un autre traitement que l' on pourrais envisage plutôt que Rémicade?

Le rémicade facilite les infections comme tous les anti-TNF. Cependant c’est un produit très efficace mais il doit être utilisé avec une prudence et un suivi très sévères en cas de diabète sucré. D’après ce que vous indiquez votre mère n’a pas un diabète très grave, fort heureusement. Concernant le vaccin contre la grippe il n’y a aucun problème car ce n’est pas un vaccin vivant. Seuls les vaccins vivants(BCG, Fièvre jaune) sont contre indiqués chez un patient traité par une biothérapie (anti-TNF ou autre). Il est possible que votre mère ait une réaction post vaccinale ce qui est banal et guérit seul en un ou deux jours.
Il existe d’autres biothérapies à coté des anti-TNF comme par exemple le mabthera qui est un anticorps anti-lymphocytes B. Ce produit s’emploie en cas d’échec des anti-TNF. Ceci est à voir avec votre rhumatologue.

Je suis suivie par un rhumatologue depuis 16mois , pour une PR. J'ai des douleurs aux poignets , mais surtout sur l'avant des deux pieds, la nuit ça me brûle et il est impossible de dormir, je soulage avec une crème anti -inflammatoire, ou tout simplement, j'enfile une paire de chaussettes que je mouille d'eau froide , ça me soulage toute la nuit et ça m'évite de prendre un cachet, je prend déjà Cortancyl, ARAVA ; il y a t'il des risques sur d'autres organes surtout avec ARAVA, je perds mes cheveux et mes analyses sont bonnes, j'en fais une tous les 3 mois, avant de revoir le rhumatologue.

Les douleurs de vos pieds à type de brulures sont certainement dues à une neuropathie liée à l’ARAVA. C’est une sorte de névrite (inflammation des nerfs) qui n’est pas exceptionnelle sous ARAVA et qui touche surtout les extrémités. Il faut ,après accord de votre rhumatologue, arrêter l’ARAVA ; les troubles vont s’atténuer peu à peu mais cela va demander du temps. Il faudra remplacer l’ARAVA par un autre traitement de fond. Il n’y a pas de traitement spécifique de cette névrite qui finit par disparaître en quelques mois.

J'ai 28 ans et l'on m'injecte 10mg de methotrexate par semaine .j'ai cru comprendre que le methotrexate en empêchant l'ADN de se renouveler normalement faisait vieillir la peau prématurément est ce vrai?

Il n’y a aucune indication scientifique permettant de penser que le methotrexate qui est un anti-folique entraine un vieillissement prématuré de la peau. D’ailleurs ceci n’est pas observé chez des patients traités depuis des années.

Ma compagne suit un traitement d’Enbrel pour une spondylarthrite ankylosante mais doit se faire vacciner contre la tuberculose dans le cadre de son travail. Cela fait 8 semaines qu’elle ne s’est plus injecté le produit. Peut elle se faire vacciner ou le délai est il trop court pour que le produit ai totalement disparu de son organisme ? Si elle peut recevoir le vaccin, y a-t-il un délai post vaccination pour continuer son traitement ? Serait il possible de recevoir votre réponse sur cette adresse mail directement ou dois-je passer par votre site ?

L’enbrel a une durée de vie courte : sa demi-vie est de l’ordre de 115 heures. En principe au bout de 15 jours il ne reste plus d’Enbrel dans l’organisme. C’est ce délai de 15 jours d’arrêt que l’on recommande pour ce produit lorsque, par exemple, un patient doit subir une intervention chirurgicale. Ce délai est plus long lorsqu’il s’agit d’un anticorps monoclonal comme le Remicade ou l’Humira (60 jours). Cependant dans le cas de votre épouse se pose le problème d’une vaccination anti-tuberculeuse, probablement par le BCG, qui correspond à un vaccin vivant. Ce type de vaccin est contre-indiqué lorsqu’on utilise une biothérapie. Si votre épouse reçoit ce vaccin elle devra arrêter l’Enbrel car ce dernier risquerait d’entrainer des complications infectieuses de la vaccination par ce vaccin vivant. Il faut donc savoir si cette vaccination anti-tuberculeuse est vraiment indispensable dans son activité professionnelle ou non. Il doit être possible de faire un certificat médical de contre-indication d’une vaccination par vaccin vivant même atténué étant donné qu’elle reçoit une biothérapie par Enbrel. Ceci est à voir avec le rhumatologue qui la suit.

Concernant la durée de vie de l’Enbrel, une question se pose à moi : quelles sont les précautions à prendre dans le cas d’une grossesse ? La période sans injection est elle plus grande que dans le cas d’une opération ? Y a-t-il des risques pour l’enfant et la mère ?

La grossesse est à éviter sous Enbrel bien que ce produit n’entraine pas de malformations foetales (c’est une contre-indication classique  aux anti-TNF). Si en plus , comme cela est souvent le cas, la patiente reçoit du Methotrexate, la grossesse doit impérativement être évitée car le Methotrexate est fortement tératogène

En cas de désir de grossesse il faut arrêter le Methotrexate et attendre 3 mois avant d’envisager une éventuelle grossesse. On conseille la même chose pour l’Enbrel même si des grossesses normales ont été rapportées chez des femmes qui recevaient de l’Enbrel seul.

Je suis soignée pour deux maladies d'origine auto-immune, la polyarthrite rhumatoïde et la narcolepsie cataplexie. Pour la première, je suis traitée avec Enbrel 50, une injection par semaine et Novatrex 6 comprimés par semaine. Pour la seconde, je suis traitée avec Modiodal 100 que je prends de façon irrégulière. J'ai observé, depuis que je prend le traitement pour la polyarthrite, une diminution de la somnolence. Ce peut-il que le traitement de la polyarthrite ait une action sur la seconde maladie auto-immune?

Il est difficile de répondre à votre question. On sait que les anti-TNF peuvent agir sur le cerveau car il y a des récepteurs pour le TNF dans certaines zones du cerveau ; ces produits peuvent induire une légère euphorie mais on n’a pas décrit d’effet psycho-stimulant indiscutable. Le Methotrexate n’a pas d’effet connu sur le sommeil ou sa régulation. On ignore actuellement si l’association d’un anti-TNF et d’un médicament contre la narcolepsie peut avoir un effet synergique mais ce n’est pas exclu. En l’absence d’études contrôlées dans la narcolepsie avec ces médicaments il est impossible de conclure. Cependant la constatation que vous faites est intéressante. Vous devriez en parler au médecin qui vous suit pour votre narcolepsie pour savoir s’il a connaissance d’autres cas semblables. Si oui merci de nous le faire savoir.

J'ai 64 ans et j'ai une PR depuis bientôt deux ans. Traitée par Plaquenil et AINS. Depuis environ 6mois, j'ai installé des douleurs et tuméfaction à la cheville droite, allant jusqu'à rendre la marche très difficile. Fin juillet dernier, j'ai eu une infiltration, qui s'est avérée inefficace. La crise douloureuse persistant, et mon rhumatologue injoignable, mon médecin traitant m'a prescrit un traitement par Solupred à fortes doses(60mg) pour descendre progressivement à 5mg/j. Dès les premiers jours, le soulagement est apparu, et aujourd'hui, j'ai retrouvé une autonomie, oubliée depuis longtemps. Je dois revoir mon rhumatologue prochainement et je ne sais pas quelle sera sa réaction; au demeurant, je suis prête à changer de praticien si sa réaction est négative. Ce n'est pas lui qui m'a tirée d'affaire après tout....Voici ma question: Puis-je poursuivre cette corticothérapie au long cours? J'avoue que la disparition de toutes ces douleurs et inflammations est une véritable résurrection, et je me vois mal me passer de cette molécule.

Il vaut mieux éviter la cortisone au long cours si c’est possible et surtout les grosse doses. En pratique il faut savoir ce qui se passe dans votre cheville ou votre arrière pied : il faut donc revoir votre rhumatologue qui jugera si une radiographie est nécessaire. Il peut y avoir une atteinte du cartilage de la cheville nécessitant un traitement particulier. Par ailleurs l’atteinte que vous signalez peut signifier que votre traitement de fond est insuffisant pour éviter une poussée et qu’il faut peut-être le modifier.

On vient de détecter il y a quelque mois, que je suis atteins de spondylarthrite avec HLA B27 Positive. Malgrés des essais d'anti inflammatoires pour les douleurs (douleurs très fortes aux talons, aux fesses et au genoux) Celebrex et Nabucox, les douleurs persistent. Mon rhumatologue envisage un traitement par biothérapie anti TNF. Pourriez-vous me dire en quoi consiste cette thérapie et les effets positifs ou indésirables que celle-ci peut engendrer. Merci d'avance pour votre réponse. Je suis un homme de 32 ans.

Les anti-TNF peuvent être employés dans certaines formes sévères de spondylarthrites qui ne répondent pas aux traitements habituels. Ces produits sont généralement très efficaces. Il y a 2 types de produits : d’une part des anticorps monoclonaux comme le Remicade (perfusion intra-veineuse à faire en milieu hospitalier ou en clinique) et l’Humira (injection sous -cutanée), d’autre part des récepteurs solubles du TNF comme l’Enbrel qui s’emploie en injection sous -cutanée. Ces produits comportent des contre-indications que votre rhumatologue connait, notamment les infections sévères. En effet ces produits augmentent le risque d’infection. Avant de prescrire un de ces produits votre rhumatologue vous fera un bilan adapté et vous informera sur les effets indésirables possibles. Vous pouvez trouver sur le site du réseau (www.polyarhtritelr.org) au paragraphe traitement de la polyarthrite rhumatoïde des fiches synthétiques sur les médicaments indiqués  plus haut ,sur leurs effets indésirables et sur leur mode de surveillance.

Mon mari est traité sous Enbrel depuis environ 2 ans pour cause de SPA. eut-on envisager une grossesse sans risque sans arrêt de traitement ?

L’etanercept, commercialisé sous le nom d’enbrel, n’est pas tératogène (n’induit pas de malformation foetale) chez l’animal. Dans l’espèce humaine les grossesses survenues chez des femmes traitées par enbrel ont eu une évolution normale. A notre connaissance il n’y a pas de travail scientifique publié sur l’effet de l’enbrel sur la spermatogénèse chez l’homme. Il n’a pas été rapporté à ce jour d’anomalie d’évolution d’une grossesse chez une femme dont le partenaire était traité par enbrel. Le laboratoire Wyeth et le centre de référence sur les agents tératogènes nous indiquent qu’il n’ya pas de donnée publiée concernant des grossesses conçues par des hommes traités par enbrel mais aucun élément inquiétant n’a été signalé a ce jour. L’etanercept (enbrel) n’est pas mutagène dans les tests précliniques. Un effet sur le matériel génétique du spermatozoïde fécondant n’est donc pas attendu.

Nous sommes les parents d'une petite fille de 4 ans qui a eu une polyarthrite déclenchée brutalement et l'obligeant à être hospitalisé en urgence, sur indications, nous lui administrons de l'advil et nous pouvons maintenant dire alors qu'elle ne marchait même plus que son arthrite a duré 15 jours. Est ce alors possible que la cause soit tout autre malgré l'absence de résultats sanguins pouvant établir la présence d'un virus, ou d'une infection. En effet s'agissant de polyarthrite rhumathoïde ou même d'avj la durée est beaucoup plus longue non?

Il y a chez l’enfant des arthrites d’origine virale qui peuvent correspondre à ce que vous décrivez et qui sont sans lendemain. Les sérologies virales sont parfois retardées par rapport aux troubles cliniques et elles ne permettent pas la recherche de tous les virus qui peuvent entrainer des ennuis articulaires transitoires.
Ces polyarthrites virales sont sans gravité et n’entrainent pas de lésions articulaires. Une polyarthrite rhumatoïde ne dure pas aussi peu.

Cependant il faut rester vigilant et si votre fille avait dans l’avenir de nouveaux ennuis articulaires il faudrait consulter votre pédiatre et votre rhumatologue rapidement : il existe dans certains hôpitaux des consultations spécialisées de rhumatologie pédiatrique qui associent un pédiatre et un rhumatologue.

Je vous remercie de bien vouloir me renseigner sur cette maladie. Existe-t-il plusieurs formes de polyarthrite ? Comment sait-on que l'on souffre de cette maladie ? mon mari est traité au moyen d'un anti-inflammatoire "le cycladol". Cela ne le dispense pas de crises sérieuses au point de ne pas pouvoir marcher, son genou gauche le fait terriblement souffrir notamment lorsqu'il le plie et a peur de sa paralyser. Son âge 73 ans son médecin n'a jamais demandé qu'une radio ou autre soit effectuée. Existe-t-il des médicaments ayant la possibilité de ralentir l'évolution ? Une cure thermale -si cela existe pour cette maladie- peut-elle apporter un soulagement ? Merci pour toutes les précisions que vous pourrez nous apporter.

La première chose à faire est un diagnostic précis : au cours de la polyarthrite rhumatoïde il ya une atteinte de plusieurs articulations. Il y a des signes cliniques, biologiques et parfois radiologiques qui permettent le diagnostic. Le traitement que prend votre mari est un anti-inflammatoire ce qui est très insuffisant s’il a une polyarthrite rhumatoïde mais qui peut le soulager s’il s’agit d’une arthrose.

Au cours de la Polyarthrite rhumatoïde on donne des traitements particuliers dits traitements de fond qui peuvent arrêter la maladie.

En pratique nous lui conseillons de consulter un rhumatologue qui fera un diagnostic précis et mettra en route le traitement adapté.

Ma mère souffre de douleur et d’inflammation au niveau des doigts, des mains et des genoux, depuis trois mois. Le médecin a diagnostiqué une PR et prescrit une corticoïde thérapie, le problème est que ma mère est allergique a toute forme de médicament, même de simples fortifiants, le médecin allergologue à confirmé son allergie. Que dois je faire et à qui dois je m’adresser ?

Il serait certainement très utile que votre mère aille consulter un rhumatologue qui, s’il confirme le diagnostic, lui proposera des traitements adaptés compte tenu de son terrain allergique.
La cortisone n’entraine pas d’allergie ; cependant c’est un traitement anti-inflammatoire puissant mais qui ne suffit pas pour traiter une polyarthrite rhumatoïde : il faut aussi un traitement de fond capable d’arrêter la maladie.

Bonjour, je suis atteinte de polyarthrite depuis 3 ans j’étais sous methotrexate, je l’ai arrêté depuis le mois de Septembre et je suis tombée enceinte le 20 Octobre environ, j ai voulu mettre fin a ma grossesse mais mon gynécologue à contacter le laboratoire qui fabrique le methotrexate il nous a dis que je pouvais le garder mais qu’il fallait suivre ma grossesse de près. Jusqu’ici tout va bien, mais je suis sous cortisol depuis 3 semaines à cause de mes crises ; avez-vous déjà eu un cas comme moi ? Quelles peuvent être les risques pour mon enfant ? Par contre pouvez-vous me conseiller un hôpital qui puisse me prendre en charge. Avez-vous déjà entendu parler d’un cas comme moi ? Serait-il possible d’avoir les coordonnées un d’un rhumatologue ou un gynécologue qui puisse répondre à toute mes questions car je stresse un peu de d’avancer dans une zone d’ombre. Le fœtus à trois mois il parait qu’il y n’y a pas de problème pour l’instant mais peut-il en avoir après, un urgentiste m’a dit que le methotrexate peut provoquer des fausses couches mais pas de malformation pour la malformation je suis au même taux que les femmes normales.

Apparemment votre grossesse a commencé environ deux mois après l’arrêt du methotrexate. C’est un peu juste par rapport aux recommandations qui suggèrent d’attendre trois mois après avoir arrêté le methotrexate avant d’envisager une grossesse.
Cependant il n’y a pas d’accumulation  prolongée du produit dans l’organisme. Il faut, évidemment, surveiller très étroitement le déroulement de votre grossesse comme on vous l’a conseillé. Le problème aurait été très différent si votre grossesse était survenue alors que vous receviez du methotrexate. Dans ce cas on vous aurais conseillé d’envisager une interruption de grossesse à cause du risque de malformation fœtale.

Le methotrexate peut effectivement provoquer des fausses couches au tout début d’une grossesse. Ce produit peut provoquer des malformations fœtales s’il est administré dans les premiers mois de la grossesse. Dans votre cas, s’il  y a un mois entre l’arrêt du methotrexate et le début de la grossesse le risque n’est pas majeur car il n’y a pas d’accumulation du produit, mais on ne peut pas dire qu’il soit nul. Vous devez donc être prise en charge pour un suivi très attentif de cette grossesse. Le mieux est d’aller consulter un service de rhumatologie et un service de gynécologie -obstétrique du CHU le plus proche de votre domicile. Votre rhumatologue pourra certainement vous conseiller.

BONJOUR MON FILS DE 25 ANS EST TRAITE SOUS ENBREL DEPUIS AU MOINS TROIS ANS ET IL DOIT PARTIR AU BRESIL. COMBIEN DE TEMPS FAUT-IL ATTENDRE APRES L ARRET DU TRAITEMENT POUR FAIRE LE VACCIN DE LA FIEVRE JAUNE ?

On ne peut pas faire de vaccin vivant lorsqu’on reçoit de l’Enbrel. Il faut donc arrêter le traitement avant de faire la vaccination : le délai de 15 jours d’arrêt avant la vaccination est raisonnable compte tenu de la demi-vie courte de ce produit. Il vaut mieux attendre ensuite encore quinze jours après la vaccination avant de reprendre l’enbrel.

Bonjour, âgée de 49 ans, j'ai depuis décembre 2006 des problèmes aux mains qui ont nécessités une opération d'une tendinite De Quervain sur une main et d'une ténosynovite sur l'autre. la première opération s'est déroulée correctement la 2ème m'a laissé des adhérences qui me réduisent la motricité de cette main. Jusqu'à décembre 2008, j'ai vécu avec des douleurs plus ou moins importantes. A noël dernier, un syndrome grippal m'a généré des douleurs aux pieds, m'empêchant de me chausser autrement qu'avec des baskets avec prise de 2 pointures supérieures, des douleurs au niveau des cervicales et des épaules. Bref, je ne peux pas marcher longtemps sans avoir vraiment mal aux pieds, les douleurs cervicales sont constantes, les mains sont moins mobiles mais surtout j'ai une fatigue constante me déprimant car je ne suis jamais en forme (je me lève je suis fatiguée, je me couche je suis fatiguée). Mes facteurs rhumatoïdes sont positifs depuis le début de cette année. Je n'arrive pas à concilier 8 heures de travail + ma vie extra professionnelle. Je bouge mais j'ai mal. J'ai consulté le corps médical hospitalier qui m'a décelé une PR "bénigne" sans altération osseuse (comment doivent être les malades encore plus atteints !!). On m'a prescrit de l'ARAVA 20 mg 1 cp/jour. Quand je regarde les contre indications ou les effets secondaires, cela m'affole. Je n'ai pas encore commencé mon traitement, j'aimerais connaître l'opinion des personnes soignées ainsi. Le rapport Traitement/effets toxiques est-il en faveur du malade ? Une PR même sans atteinte osseuse, peut-elle évoluer ? Je vais voir mon médecin traitant en début de semaine pour en parler et il faut également que je consulte un rhumatologue sur Montpellier en libéral qui pourra me suivre, j'aimerais vos précieux conseils, je suis perdue.

Une polyarthrite rhumatoïde ne comporte pas de lésions du cartilage ou de l’os tout à fait au début. Ces lésions peuvent apparaitre après quelques mois d’évolution (on parle alors de PR érosive) ou ne pas apparaitre (PR bénigne). Cependant ces lésions peuvent apparaitre de façon retardée. C’est pour cette raison que dans tous les cas il faut faire un diagnostic précoce et mettre en route un traitement de fond efficace le plus rapidement possible : cela permet d’arrêter l’évolution de la maladie et d’empêcher les lésions cartilagineuses ou osseuses d’apparaitre.Le choix du traitement de fond dépend de la sévérité des troubles. C’est le rhumatologue qui propose le  traitement qui lui parait le mieux convenir à la situation clinique. Le traitement « pilote » de la PR est le Methotrexate ; on peut aussi proposer l’Arava. En cas d’échec ou d’intolérance, si la situation clinique le justifie, on peut proposer une biothérapie anti-TNF ou autre pour arrêter l’évolution. Tous ces traitements de fond peuvent avoir des effets indésirables ; c’est le rôle du rhumatologue de vous en parler. Ils sont mentionnés dans la brochure réglementaire qui peut effrayer certains malades. Ces effets indésirables ne sont pas fréquents. Ces traitements sont généralement très efficaces et avec une bonne information et un suivi régulier de la part de votre rhumatologue et de votre médecin généraliste l’évolution devrait être favorable.
Nous vous conseillons vivement de commencer sans tarder un traitement de fond. Il est dangereux de ne pas traiter une PR.Par ailleurs nous vous suggérons d’aller consulter le site du réseau : www.polyarthritelr.org  ou vous trouverez des informations sur la PR et sur les divers traitements de fond avec des fiches de suivi et de tolérance des traitements de fond que vous pouvez télécharger.

Bonjour, atteinte de polyarthrite rhumatoïde depuis 10 ans, je suis sous Enbrel depuis deux ans. Depuis deux mois je n’ai plus de salive et plus de larmes, ma vue a baissé et je suis obligée de boire en permanence, sans aucun effet. Existe-t-il un médicament pour favoriser la salive ? On doit me poser des bouchons aux yeux, est-ce le meilleur moyen ? Merci pour vos réponses.

Les troubles que vous décrivez correspondent à un syndrome sec ou syndrome de Gougerot-Sjögren qui est souvent associé à la PR. Il y a divers traitements possibles mais il faudrait savoir si vos glandes salivaires sont le siège d’une inflammation ou non : cela nécessite une biopsie des glandes salivaires : c’est un prélèvement simple qui se fait en général sur la lèvre inférieure sous anesthésie locale.
En effet s’il y a une inflammation on peut envisager de vous traiter quelque temps avec des corticoïdes ce qui donne souvent de bon résultats : ceci est à voir avec votre rhumatologue. Il existe par ailleurs toute une série de « petits moyens » médicamenteux  plus ou moins efficaces selon les patients comme le salagen ou la pilocarpine. La aussi votre rhumatologue vous conseillera. Les chewing-gum sans sucre sont aussi utiles pour stimuler la sécrétion de la salive. Concernant les bouchons dont vous parlez c’est un traitement utile : il s’agit d’obstruer les canaux lacrymaux par des « bouchons » qui empêchent l’élimination des larmes que vous fabriquez de manière insuffisante. Ainsi l’oeil est mieux irrigué. Si les troubles sont très importants et l’inflammation des glandes salivaires très marquée il faudrait discuter l’indication de certaines biothérapies.

Merci pour votre réponse très précieuse, j’ai eu le prélèvement des glandes salivaires, je dois voir le docteur cet après-midi pour un traitement éventuel, je pourrai donc parler plus facilement avec lui de la pilocarpine et du salagen.